31 mai 2010
Publié par Arthur DEBALLON à 05:38 | 3 Commentaires

A qui appartient le contenu ?

Alors que le ramdam commence sur Dijon suite à l’annonce d’une attaque en référé du groupe EBRA – Crédit Mutuel contre son confrère Dijonscope, l’affaire met en évidence les difficultés de la propriété du contenu sur le web.

CtoutCOMM.com l’évoquait vendredi, le groupe EBRA, propriétaire du Bien Public (PQR Côte d’Or) et du Journal de Saône-et-Loire (PQR de Saône-et-Loire) a décidé d’assigner en justice le pure player d’actualités : Dijonscope. Selon Sabine Torres de Dijonscope, le problème réside dans la revue de presse du site qui comprend des articles du Bien Public ou du Journal de Saône-et-Loire, chose que ne veut pas le groupe EBRA. Jean-Louis Pierre, rédacteur en chef du Bien Public affirmait d’ailleurs ce matin à GazetteINFO.fr : « nous reprochons à dijonscope la contrefaçon et la concurrence déloyale. Le site reproduit totalement ou partiellement des articles sans notre approbation et de manière quotidienne ».

Propriété intellectuelle

Alors que plusieurs sites Web comme Rue89 pratiquent pourtant les revues de presse en ligne, cette affaire met en évidence les difficultés de définition de la propriété intellectuelle sur Internet. A l’heure de l’instantané, du partage de l’information en temps réel, la notion de propriété sur le web reste vague.

Véritable atteinte à la liberté de la presse ou non, l’affaire reste très technique pour les néophytes d’Internet. Il est ainsi reproché à Dijonscope d’ajouter un bandeau en partie supérieure de la page Internet lors de la lecture de l’article sur le site propriétaire du contenu et donne une propre url à l’article. L’affaire se complique quand c’est le site GENERATIONCAMPUS qui pointe un article de la revue de presse de dijonscope issu du Bien Public. Finalement, dans cette situation, le lecteur qui souhaite lire l’article dans son intégralité se retrouve avec deux bandeaux sur le site du Bien Public. (voir capture écran). Bref, seuls les experts pourront trancher de la légalité de l’opération.

Ramdam national ?

Avant même la tenue de la conférence de presse organisée aujourd’hui par Sabine Torres de Dijonscope :  Mediapart, France 3 Bourgogne et plusieurs sites Internet relayent déjà l’information. La bataille continue aussi sur les réseaux sociaux avec un groupe de soutien pour Dijonscope et de nombreuses réactions sur Twitter.

Double bandeau sur le site du bien public : generationcampus et dijonscope

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  1. Journaliste au Bien Public, je me permets d’apporter une précision à votre article. Il est aussi et surtout reproché à Dijonscope de faire passer l’internaute par une page intermédiaire de son propre site (ce qui lui comptailise une page vue) sur laquelle il présente un extrait de l’article d’origine. L’internaute qui veut ensuite voir l’article complet arrive sur une page à double frame (ou en-tête) Dijonscope et Bien Public.
    Le partage d’information n’est pas condamnable en soi, c’est une pratique courante sur Internet. Mais la démarche doit être « gagnant-gagnant », comme on dit. Le site qui « emprunte » un article enrichit son contenu. En contrepartie, il envoie l’internaute intéressé, par un lien direct, sur le site d’origine de l’information.
    Dans le cas de Dijonscope, ce site utilise à son seul profit (page vue, publicité vue, audience…) l’article d’origine sur sa page intermédiaire, avant d’en partager les retombées avec le Bien Public sur la page double frame. La jurisprudence condamne cette pratique.
    Dijonscope objecte que cette jurisprudence ne s’applique qu’aux sites marchands. Or le site du Bien Public est largement payant et peut donc être considéré comme marchand.
    Comme vous le faites remarquer, le sujet est technique. Mais au final, derrière cette « pirouette » technique, il s’agit bien de contrefaçon et de concurrence déloyale.
    Le Bien Public et le JSL ne font que demander l’application de la loi. Crier au loup en dénonçant une ateinte insupportable au droit d’informer comme le fait Dijonscope n’est-il pas un peu exagéré ?

  2. Mr Mauerhan,

    Le Bien Public n’avait pas les moyens techniques de faire « sauter » les frames ??? Etait il judicieux d’utiliser la voie judiciaire ? Le budget « référencement » du BP est il suffisamment conséquent ? Pourquoi le BP n’attaque pas google ou 123people qui utilise la même technique ?

    Autant de questions que les lecteurs de la presse locale se posent … comme le fait que le contenu du site du BP soit payant …. Est ce la une bonne stratégie ???

    Mais possible aussi que l’attaque dont fait preuve Dijonscope soit un moyen de détruire un concurrent direct pour laisser place à Dijon-Information.com ???

    Dommage que la presse se tire une balle dans le pied ….

    Les lecteurs de Dijonscope que vous poyvez retrouver sur http://www.facebook.com/jesoutiensdijonscope

  3. Faire sauter les frames ? Budget référencement ?? Vous parlez de ce que vous ne connaissez pas, ça n’a rien à voir avec le débat.
    De même que Google n’a rien à voir avec le débat.
    Google envoie les internautes vers une page du site. Point barre. Dijonscope envoie les internautes vers une page intermédiaire et cobrande le contenu de confrères. C’est-à-dire qu’il recolle de la pub sur le contenu des autres. Internet ne doit pas être une zone de non droit…

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